Responsable de cette thématique : Pascale Naquin ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )
La gestion centralisée des déchets et de l’assainissement dans les grandes villes des pays en développement montre très souvent ses limites, surtout dans les plus pauvres d’entre elles, dans les plus sensibles aux aléas de la nature et dans les zones les moins accessibles. Taux de collecte très faible, dispersion des déchets dans les ravines et les canaux, création de multiples dépôts sauvages, brûlage, saturation rapide des décharges contrôlées : personne n’a encore trouvé de recette miracle, malgré (à cause de ?) l’injection de millions de dollars et d’euros.
Rien ne sert d’offrir généreusement de magnifiques installations si les collectivités ne sont ensuite pas en mesure d’en assurer le fonctionnement et le renouvellement. Combien d’usines de compostage rouillent au Maghreb ? Combien de décharges high-tech ne voient pas de déchets arriver ?
Certes, dans les centres des grandes villes, difficile de faire autrement que d’organiser de manière centralisée la gestion des déchets. Mais dans une multitude de zones (bidonvilles, zones périurbaines, villes de province), pourquoi ne pas réfléchir à des modes de gestion délocalisés, de proximité, créant des activités et des emplois durables autour de la gestion des déchets, pour peu que leur viabilité économique soit mûrement réfléchie ?
Pour cela, les procédés mis en œuvre doivent être simples, artisanaux. L’ensemble de la filière doit fonctionner sur une logique économique permettant la création d'emplois grâce aux déchets : traiter et valoriser les déchets pour en faire des biens marchands commercialisables et permettre ainsi de rémunérer une filière et payer du personnel. Cette démarche intégrée implique une gestion optimale des systèmes (gestion participative, recherche de qualité pour tous les produits de revalorisation, existence de marchés d'écoulement, appropriation du projet par la société civile...) pour une autosuffisance technico-économique du système, c'est-à-dire ne plus dépendre de l'aide internationale et/ou de l'intervention d'autres institutions.
C’est ce type de modèle que nous cherchons à mettre au point, pour qu’il puisse ensuite être adapté et répliqué par d’autres, en d’autres lieux que nos « champs d’expérience ».
A Cité Soleil par exemple (400 000 habitants), banlieue proche de Port-au-Prince, nous pensons avoir trouvé la bonne recette (voir rubrique « Nos projets ») :
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une équipe locale très motivée, des responsables jusqu’aux ouvriers, qui ont très vite appris et compris comment cela fonctionne, prêts en quelques mois à se débrouiller seuls, peut-être parce qu’un homme a su leur donner confiance en eux ;
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un responsable et un chef de projet compétents, à l’écoute et charismatiques, très proches des préoccupations de la population ;
- des partenaires locaux ou internationaux tous désireux de contribuer à la réussite de ce projet ;
- des bailleurs « à petits budgets » mais tellement présents et moteurs.
A partir de là, tout est possible. La dimension humaine l’emporte sur les difficultés, même sur un séisme si dévastateur.
Collecte, tri, compostage, maraîchage, élevage, fabrication de briquettes combustibles, fabrication de matériaux de construction, artisanat, formation, éducation à l’environnement, recherche et développement : autant d’activités qui mises bout à bout ont tout pour mener à la viabilité économique du système.
Le financement par l’ANR Haïti flash « reconstruction durable » du projet dans lequel nous sommes impliqués (voir rubrique actualités), va nous permettre d’élaborer un modèle de fonctionnement et ses conditions de réplicabilité.
Plateformes de gestion intégrée des déchets
