Responsable de cette thématique : Denis Montange ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )
Nombre de matières organiques (MO) sont une source de pollutions quand elles se trouvent en trop grandes quantités dans un endroit délimité (décharges non contrôlées, eaux usées non traitées, effluents d’industries agroalimentaires ou d’élevages industriels par exemple).
Le recyclage des résidus organiques en agriculture permet de limiter ou même résoudre les problèmes de pollution grâce à leur transformation directement dans le sol ou par voie de compostage. Quel est l’intérêt de mettre de la MO (transformée ou non) dans un sol ? Un apport de MO réalise à la fois un amendement du sol et la fertilisation des cultures, dont l’importance respective est fonction de la composition biochimique de la MO apportée. Il faut effectivement faire attention à ce facteur qualité : une planche de chêne, de la paille ou du fumier, pour une même quantité de carbone, n’auront pas les mêmes effets, car ils contiennent plus ou moins de tanins, de phénols, de lignine,...
La qualité des composts dépend des résidus organiques mélangés dans le tas en compostage. Elle dépend aussi du mode de fabrication (en particulier la longueur de la phase thermophile qui conditionne l’hygiénisation du produit final : destruction des microorganismes pathogènes pour l’homme mais aussi pour les végétaux, destruction des graines d’adventices). La longueur de la phase de compostage influence la quantité de MO apportée dans le compost. En effet, la minéralisation du carbone entraine une perte de MO, et donc une augmentation de la teneur en matière minérale. Exemple de l’impact de la durée de stockage : le criblé de décharge d’Antananarivo n’a que 19 % de MO. Pourtant au départ, il devait y avoir 50 à 60 % de MO dans les ordures ménagères ! Mais le mélange a été stocké très longtemps ! De plus, les composés les plus facilement minéralisables se décomposent en premier, laissant donc les produits les plus résistants (carbone « récalcitrant »).
Le rapport C/N de la MO apportée au champ est nécessaire à connaître pour déterminer le devenir de ce produit dans le sol, mais il est insuffisant du fait que les composés C et N de cette MO peuvent présenter des disponibilités bien différentes pour les microorganismes du sol ou les cultures, ce qui nécessite la mesure d’autres indicateurs.
Si l’utilisateur met l’accent sur la qualité de la fertilisation, il devra vérifier la teneur en éléments fertilisants : N, P, K, Ca, Mg, oligoéléments, et si possible leur phytodisponibilité. Par contre, quelle que soit son utilisation, un compost doit contenir en très faibles proportions, voire ne pas contenir du tout : ETM (éléments traces métalliques), pathogènes, plastiques et verres, morceaux de bois non décomposés...
En France, les normes 44 051 ou 44 095 indiquent les teneurs minimales en éléments fertilisants et les teneurs maximales en éléments indésirables. Cela assure donc la protection des utilisateurs et la promotion des bons producteurs et des bonnes productions.
Est-ce applicable en l’état dans les conditions des PED ? Sans doute pas car les analyses pour vérifications représentent un coût important pour le producteur qui doit être répercuté sur le prix de vente du compost. Aussi est-il nécessaire de faire des choix dans ce qui doit être vérifié, en fonction de la provenance des produits organiques initiaux : toxicité des métaux lourds, teneurs en éléments fertilisants, présence de pathogènes et d’indésirables.
Pour en savoir plus et se former à distance à la gestion des matières organiques :
Le Cirad propose un module de formation à distance par l’intermédiaire de l'UVED (Université Virtuelle, Environnement et Développement durable). Il est présenté sur le site internet du Cirad dans la rubrique « Actualités Sciences » :
Cette Formation traite du sujet de l’impact agronomique et environnemental de la gestion des matières organiques dans les pays du Sud.
Le module est composé d'un ensemble de sept cours. Il est conçu pour fonctionner de manière autonome en vue d'atteindre les objectifs pédagogiques d’un enseignement type master, mais les cours qui le composent peuvent être utilisés indépendamment les uns des autres (pour, par exemple, contribuer à une autre formation). Tout cela est précisé dans le Guide d'usage du module, qui est accessible via l’UVED. L'évaluation des étudiants, un volet important de ce module, se fait à trois niveaux : les QCM (questionnaire à choix multiples), les travaux dirigés et le devoir final.
On peut accéder librement au module de formation par les deux URL suivantes : la première via sa présentation dans l'UVED, et la deuxième directement via le Cirad.
Valorisation agronomique
